jeudi 20 septembre 2018

Nadège Vezinat: Dispensaires 2.0, Maisons pluridisciplinaires de santé et médecine libérale, La Vie des Idées

 http://www.laviedesidees.fr/Dispensaires-2-0.html

par Nadège Vezinat , le 21 juin 2017     
L’organisation de l’offre de soins primaires en ville est un enjeu important du système français de protection sociale. Dans un contexte de transition épidémiologique, les maisons de santé pluri-professionnelles décloisonnent les terrains sociaux et médicaux. Le modèle peut-il être généralisé ?
La place de la médecine libérale est en France particulièrement importante comparativement à d’autres pays. Depuis la charte médicale de 1927, qui a instauré plusieurs principes encore en vigueur comme celui de la liberté d’installation, du paiement direct par le malade ou de la liberté de prescription, cette médecine porte en elle des relents d’hostilité au dispositif d’assurance-maladie (Palier, 2010). En constituant autour de ces principes le dogme libéral, les médecins qui ont choisi ce type d’exercice sont souvent accusés, si ce n’est de produire, au moins d’entretenir les inégalités de santé en participant à un système à deux vitesses (Gelly, Giraud Pitti, 2016).
À l’heure où certains hôpitaux commencent à externaliser des consultations de médecine générale en ville pour répondre aux demandes de soins, les professionnels de santé libéraux tentent de proposer d’autres transformations de l’organisation territoriale de l’offre de santé. Partant du constat que le recours aux soins n’est pas le même pour tous sur le territoire, la loi de modernisation de notre système de santé, promulguée le 26 janvier 2016, cherche à rendre la santé « accessible à tous ». Dans ce contexte, des « maisons pluridisciplinaires de santé » se développent pour proposer une offre de soins renouvelée reposant sur de nouvelles pratiques professionnelles, axées sur la permanence et la continuité des soins et davantage coordonnées avec le milieu hospitalier. Au delà de l’utilité sociale de ces maisons de santé, que l’ensemble des hommes politiques reconnaissent sans pour autant toujours la traduire en des propositions similaires, quel sens donner à ce nouveau mode d’organisation des soins primaires en ville ? Derrière une solution apparemment idéale à tous points de vue pour tous les acteurs, et même si la coopération accroît la qualité des soins pour les patients tout en restaurant un esprit collectif et en rétablissant des liens entre les professionnels, les maisons de santé ne sont-elles pas également source de nouveaux problèmes ? Certains professionnels peuvent ainsi éprouver des difficultés à s’intégrer ou être confrontés à des conflits internes. Au delà, ces maisons de santé peuvent présenter les défauts d’une organisation en voie de « bureaucratisation ».

10 ans de maisons de santé

Tous les candidats à l’élection présentielle de 2017 les ont évoquées, leur ont reconnu nombre de qualités, les médias les mettent en avant, mais que sont exactement les maisons de santé ? Ce ne sont ni des centres de santé, puisque les professionnels de santé n’y sont pas salariés, ni des cabinets de groupe, puisque la mise en commun y dépasse celle des moyens, des locaux et du secrétariat qui constituent généralement le cœur du regroupement effectué dans les cabinets de groupe. Les maisons de santé se caractérisent en effet par leur dimension pluri-professionnelle et l’adhésion de l’ensemble des professionnels à un projet de santé adapté à leur situation locale.
Les maisons de santé ont été reconnues légalement par la loi de financement de la sécurité sociale du 19 décembre 2007 et introduites dans le code de la santé publique avant de voir leur définition modifiée par l’article 39 de la loi Hôpital Patients Santé Territoire du 21 juillet 2009 puis par l’article 2 de la loi du 10 août 2011 sur le partage de l’information médicale. Elles ouvrent aux professionnels libéraux un mode d’exercice collectif de la médecine sur un territoire donné. Dotées de la personnalité morale (art. L. 6323-3 du Code de la Santé Publique), elles peuvent percevoir une dotation de financement afin de permettre un exercice coordonné des soins. Pour cela, les professionnels de santé qui s’y regroupent doivent élaborer un projet de santé attestant de leur exercice coordonné et conclure avec l’agence régionale de santé (ARS) un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens.
Bien que libéral et implanté de manière non uniforme sur le territoire, ce mode d’exercice collectif présente des caractéristiques qui reconfigurent en profondeur l’activité médicale : il favorise la coordination des soins, rend la prise en charge accessible et continue, établit des protocoles de soins pluridisciplinaires, utilise des systèmes d’informations pour partager plus facilement les dossiers patients, et organise des activités préventives et transversales.

Une autre voie que l’hôpital

Un des enjeux de cette forme encore minoritaire d’organisation des soins primaires en ville est qu’elle permet un moindre recours aux urgences et constitue une alternative à l’hospitalisation. L’offre de soins en France semble aujourd’hui se réduire en raison du numerus clausus dans les professions médicales, du manque d’attractivité de la profession de médecin généraliste (par rapport à celle de spécialiste), de la désertification médicale de certains territoires et de la difficulté à organiser la complémentarité entre médecine hospitalière et médecine de ville. Par ailleurs, malgré le principe de couverture universelle, les inégalités sociales de santé se développent sur l’ensemble du territoire. Dans ce contexte, la réorganisation de l’offre de soins, qualifiée de « virage ambulatoire », devient un objectif important pour le système de protection sociale français. Les professionnels de santé en constituent la principale clé de voûte, et les maisons de santé sont présentées comme un des moyens pour réformer cette offre de soins.
Le développement depuis quelques années en France de « maisons pluridisciplinaires de santé » se présente en effet comme une solution à la « crise de la démographie médicale » [1] dans l’accès et la continuité des soins médicaux sur le territoire. Cette « crise » renvoie à la pénurie des professionnels de santé, aux difficultés d’accessibilité financière, géographique ou physique, ainsi qu’au problème de la gestion des consultations non programmées pour faire face à l’afflux de patients imprévus et à l’augmentation des poly-pathologies et des maladies chroniques.
Si les maisons de santé constituent encore un phénomène de faible ampleur numérique, elles connaissent une croissance régulière, qui traduit un besoin d’intermédiaire entre le professionnel de santé isolé et la structure hospitalière dans les transformations de l’offre de soins et de la politique de santé publique (Lombrail, 2014). En janvier 2012, 235 maisons étaient en fonctionnement et environ 450 étaient en projet, dont 80 % en milieu rural. En mars 2017, l’observatoire des maisons et pôles de santé de la DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soins) décomptait environ 1000 structures en fonctionnement. Ce mode d’exercice, certes encore marginal, connaît une croissance numérique qui laisse supposer qu’une révolution des soins primaires peut être en cours. Cette dynamique est par ailleurs soutenue et reprise par la Fédération française des Maisons et Pôles de santé (FFMPS) créée en 2008 pour représenter les maisons de santé et soutenir ces initiatives d’organisation des soins primaires auprès des pouvoirs publics, collectivités et partenaires institutionnels variés.

Soigner des situations sociales

Les maisons de santé étant des initiatives venues du terrain, des professionnels de santé y proposent, dans une démarche réflexive, à la fois des solutions concrètes adaptées à leurs pratiques et une refondation du système de santé. En tant qu’elles sont pensées pour répondre aux besoins sur le terrain, les maisons de santé ne sont pas, pour l’instant en tout cas, perçues par les professionnels de santé comme une solution coercitive. Par ailleurs, ces maisons de santé proposent le tiers payant, des médecins conventionnés en secteur 1 (c’est-à-dire qui n’appliquent pas de dépassement d’honoraires), et acceptent les patients bénéficiant de la couverture maladie universelle (CMU), voire travaillent directement à leur ouverture de droits : l’organisation des soins qu’ils assurent vise à lutter contre les inégalités sociales de santé et reçoit à ce titre le soutien des pouvoirs publics, censés défendre ces missions relevant de l’accès de tous à la santé.
Les maisons de santé développent la coordination des soins et la coopération entre les différents professionnels de santé. Il s’agit à la fois d’articuler les parcours de soins entre les systèmes hospitalier et ambulatoire mais aussi de favoriser les relations entre les différents professionnels intervenant en ville (les médecins, les infirmiers, les médiateurs, les professions paramédicales, etc.). En considérant la coordination du soin primaire comme le chaînon manquant de la stratégie nationale de santé, les maisons de santé favorisent la pluridisciplinarité et les échanges avec les professions médico-sociales. Certaines sont même dotées de médiateurs sociaux pour traiter à la fois le médical et le social. La transversalité de la maison de santé apparaît dans l’articulation (et parfois l’exclusion) de divers dispositifs, comme l’ASALEE (action de santé libérale en équipe), le PAERPA (Parcours des personnes âgées en risque de perte d’autonomie) ou l’ETP (éducation thérapeutique des patients), dispositifs qui ont aussi des conséquences sur les configurations médicales.
À titre d’exemple, la CMU, pilier de l’assurance-maladie, remplacée en 2016 pour la CMU de base, par la PUMA (protection universelle maladie), peut être étudiée comme un point de tension vis-à-vis des objectifs de coordination dans la mesure où cette politique sociale et sanitaire n’est pas acceptée par tous les médecins. Avec le renforcement du rôle des généralistes dans le parcours de soins, ce dispositif peut s’avérer un facteur de précarisation et de stigmatisation des populations qui en bénéficient, ce qui crée un décalage avec l’objectif même d’universalisation de la couverture santé. L’éducation thérapeutique des patients (ETP) peut également être vue comme une prise en charge collective du patient puisqu’elle transforme aussi bien les relations entre médecins et patients, en les faisant sortir du rôle de profanes pour les mettre au centre de la relation, que les pratiques professionnelles des médecins, en valorisant davantage l’interdisciplinarité avec d’autres professions et l’articulation entre les soins proposés.
La considération pour le malade fait partie des objectifs revendiqués dans les maisons de santé. En se saisissant de projets d’éducation thérapeutique du patient, en formant des « patients experts », les maisons de santé contribuent à modifier la place du patient dans la relation de soin. Son point de vue est respecté et les professionnels de santé veillent à s’assurer qu’il comprend sa maladie ou son traitement. Ces pratiques renvoient à d’autres manières d’envisager la médecine et la place du patient (Bazsanger, Bungener, Paillet, 2002 ; Horowitz, 2013). Dans cette approche globale du patient, le soin est pensé comme une solution médicale à un problème de santé mais également comme une réponse à une situation sociale et à l’individualité du patient : en tentant d’éviter une hospitalisation pour permettre à un patient de rester avec son animal domestique, ou en limitant le nombre de séances pour tenir compte des trajets sur une route difficile, par exemple. Elle fait écho à l’ouverture des soignants au « care » (les soignants prenant en charge non seulement l’aspect médical mais également social de leurs patients) que repèrent les chercheurs ayant travaillé sur les Permanences d’Accès aux Soins de Santé de l’hôpital (Pierru, 2013), et peut être analysée comme un début de décloisonnement des sphères sociale et médicale.
Les maisons de santé marquent-elles alors une évolution des pratiques professionnelles ? Deux mouvements que nous allons examiner plus en détail caractérisent le travail en maisons de santé : le premier consiste en un abandon progressif et croissant de l’activité isolée, quand le second consacre le développement de la coordination des professionnels de santé et de la pluridisciplinarité des soins. Le premier mouvement n’est pas propre aux maisons de santé mais à toutes les structures d’exercice collectif de la médecine. En revanche, le passage à une activité coordonnée lui est davantage spécifique.

Exercice collectif de la médecine

L’exercice regroupé de la médecine n’est pas l’apanage des seules maisons de santé et n’est plus un phénomène atypique. Selon une étude de la Cnam réalisée en 2002, 44 % des médecins libéraux exercent de manière regroupée et l’organisation en cabinet de groupe est de plus en plus fréquente (+ 18 % entre 2000 et 2003) [2]. L’écart se réduit donc progressivement avec d’autres pays où la médecine de groupe en soins ambulatoires apparaît comparativement plus développée qu’en France : ainsi, en Finlande et en Suède, 97 % des médecins généralistes exercent en groupe, 92 % au Royaume-Uni, 25 % en Allemagne (Bourgueil, Marek, Mousques, 2007). Ce phénomène de regroupement résulte du souhait de rationaliser les frais de structure et de fonctionnement (par le partage de moyens : d’un local, d’équipements médicaux ou d’une secrétaire par exemple), de la volonté de pouvoir échanger avec des collègues (les internes étant le plus souvent formés dans des structures collectives), et du désir de mieux articuler vie privée et vie professionnelle pour des couples bi-actifs en âge d’avoir une vie de famille.
L’exercice regroupé favorise d’abord l’investissement et le développement des technologies médicales au cabinet et l’usage de systèmes d’informations. En investissant dans le partage des dossiers de patients, il libère potentiellement du temps pour les soins, améliore le suivi des patients et permet même le traitement de leurs données. L’exercice collectif semble par ailleurs particulièrement bien adapté au vieillissement de la population, qui accroît la dépendance et le nombre de patients souffrant de maladies chroniques et de poly-pathologies. La bonne connaissance de la patientèle permise par les systèmes d’information facilite en outre le lien entre la ville et l’hôpital en même temps que les relations avec le monde médico-social. Enfin, l’organisation collective et coordonnée du travail en maison de santé permet effectivement de mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle : les horaires d’ouverture étant élargis et les remplacements assurés au sein de la maison de santé, les conditions de travail sont améliorées sans mettre à mal la permanence des soins. Les professionnels de santé peuvent prendre des vacances sans avoir le sentiment d’abandonner leurs patients. Ils conservent l’autonomie que leur garantit leur statut libéral tout en évitant l’isolement qu’il implique souvent, ne serait-ce que parce qu’ils ont la possibilité de prendre un café ou de déjeuner avec un collègue.
Si l’exercice regroupé permet de mieux organiser la continuité des soins en accompagnant, en externe, le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques, il permet en interne de gérer les absences et les congés des uns et des autres, de partager les coûts d’installation et de gestion administrative. Mais il n’est pas exempt de difficultés puisqu’il soulève parallèlement de nouveaux problèmes, comme celui de l’intégration d’un nouveau membre dans une équipe déjà constituée, de la captation de patientèle, de la gestion des conflits au sein de l’équipe de soins primaires, ou de la transmission patrimoniale à repenser.

La coordination des pratiques de soin

Le deuxième mouvement concerne les deux grandes spécificités des maisons de santé : une activité pluri-professionnelle, c’est-à-dire organisée autour de plusieurs métiers (médecins généralistes, kinésithérapeutes, orthophonistes, infirmières, sages-femmes, etc.), et une activité coordonnée qui passe par la mise en relation des tâches organisées autour d’un médecin généraliste (Coutant, Tuffreau, 2016 ; Schweyer, 2016). L’exercice médical de proximité implique que le médecin traitant soit à l’interface des professions médicales, paramédicales et médico-sociales et joue un rôle central, de « pivot », selon la formule consacrée sur le terrain, dans l’orientation de ses patients sur leur parcours de soins (Bloy, Schweyer, 2010). Toute maison de santé comprend ainsi au moins deux médecins généralistes, afin d’assurer la permanence des soins. Ces structures de soins fonctionnent comme un système de « captation » des patients, où les médecins généralistes, grâce à leur rôle de médecin traitant, organisent le parcours de soins de leurs patients et, en tant que maîtres d’œuvre captants, coordonnent la coopération avec les autres professionnels de santé, non captants, sur un territoire donné [3]. Ce rôle de captation permet d’éviter que les patients « errent » ou sortent du système de soins, faute de susciter l’intérêt des professionnels de santé. Dans ces cas, « le renvoi d’une structure à l’autre ou d’un professionnel à l’autre est souvent le destin de ceux dont personne ne veut assumer la charge sur la durée et maîtriser la trajectoire » (Bergeron, Castel, 2010, p. 451). La maison de santé se charge alors d’offrir des soins à des patients qui pourraient sortir du système de santé sans elle. L’insolvabilité ou l’instabilité de certains patients ne sont pas les seuls facteurs d’explication de leur non-captation par le système de soins classique ; le départ à la retraite de leur médecin traitant, si celui-ci n’est pas parvenu à transmettre son cabinet médical, peut également laisser des patients dans la nature. Un des effets du non-remplacement de médecins généralistes partant à la retraite est qu’une partie de leur patientèle se trouve contrainte de se tourner vers les services hospitaliers d’urgence les plus proches ou vers des structures de type SOS Médecins pour renouveler leurs ordonnances par exemple.
Pour ce qui est de la continuité des soins, le parcours de soins du patient est organisé en maison pluri-professionnelle de santé autour d’une « équipe de soins primaires », notion à présent inscrite dans l’article 12 de la loi Touraine [4]. L’organisation en maison de santé favorise ainsi les concertations (sous la forme de « staffs » et de réunions d’équipe par exemple) qui améliorent la qualité des soins puisque, pour les cas difficiles ou incertains, il est possible de discuter en équipe du traitement le plus adéquat. Ces concertations permettent par ailleurs de partager la responsabilité des décisions prises (Schepens, 2015). La coordination passe plus largement par l’élaboration de protocoles de soins adaptés, de systèmes d’informations partagés et enrichis par chacun en vue « d’assurer la continuité (informationnelle) des soins » (Lombrail, 2014, p. 103) et par la définition et la répartition des rôles, si possible complémentaires, de chacun des professionnels dans la maison de santé. L’accent y est mis sur la qualité et la rapidité de la prise en charge, ainsi que sur la fluidité du parcours dans le but d’éviter les ruptures de soins. Les procédures co-construites dans la maison de santé créent des normes et des pratiques convergentes d’un professionnel à l’autre. Cette normalisation et cette homogénéisation des pratiques assurent certes l’égalité de traitement des patients mais elles renforcent dans le même temps le contrôle des professionnels entre eux.

Un modèle généralisable ?

Les maisons de santé ont constitué une manière pour les professionnels de santé libéraux de préempter un domaine dont l’État aurait pu se saisir. En se positionnant sur ce « mandat » (Hughes, 1996), les professionnels de santé s’assurent que la présence de l’État et sa gouvernance y demeurent faibles, ou moins fortes que ce que les représentations « repoussoirs » de « l’étatisation » de la santé ou de la « fonctionnarisation » des professionnels de santé laissent envisager à terme. Elles constituent par ailleurs un collectif sur lequel s’appuyer et au sein duquel le professionnel de santé trouve des ressources. Ce collectif peut être de type syndical, comme le montre Pascal Marichalar (2014) quand il étudie les médecins du travail, ou de type professionnel comme dans le cas des maisons de santé.
Sachant que ce qui fait advenir les institutions n’est pas nécessairement ce qui les fait perdurer ou changer, la préoccupation majeure de la fédération française des maisons de santé est de développer et pérenniser ce mode d’organisation des soins primaires. Pour convaincre les professionnels de santé et les pouvoirs publics de son bien-fondé, elle doit apparaître comme le porte-parole légitime des maisons de santé et faire la preuve du rôle social joué par celles-ci. En interne, les rencontres annuelles de la fédération servent à produire un discours unifié sur le modèle des maisons de santé et leur réussite. Le fait que la quasi-totalité des candidats à l’élection présidentielle de 2017 mentionnent les maisons de santé dans leurs discours de campagne montre que l’entreprise de légitimation de la fédération est en passe de réussir auprès des pouvoirs publics. Il lui reste cependant encore à convaincre les autres professionnels de santé de se rallier à son mode d’exercice. Pour cela, elle communique largement sur les conditions de travail dans ce type de structure, fournit des outils et aides variés, tels que le recours à des « facilitateurs » qui interviennent pour permettre aux hésitants de s’informer et de monter leur maison de santé, ou la construction d’un indicateur, « l’indice de bonheur partagé » (IBP), qui mesure le degré de satisfaction de l’équipe de soins en maison de santé. Pour vaincre les résistances du modèle traditionnel, centré autour de l’hôpital et du médecin de ville isolé, la fédération travaille donc sa cohésion en cherchant à normaliser son modèle et à convaincre les professionnels de santé les plus réfractaires, si ce n’est de rejoindre les maisons de santé, du moins de les laisser se développer à leurs côtés.

Aller plus loin

- Baszanger I., Bungener M., Paillet A., Quelle médecine voulons-nous ?, Paris, La Dispute, 2002.
- Bergeron H., Castel P., « Captation, appariement, réseau : une logique professionnelle d’organisation des soins », Sociologie du travail, 2010, n°52, p. 441-460.
- Bloy G., Schweyer F.-X., Singuliers généralistes. Sociologie de la médecine générale, Rennes, Presses de l’EHESP, 2010.
- Bourgueil Y., Marek A., Mousquès J., « Médecine de groupe en soins primaires dans six pays européens, en Ontario et au Québec : quels enseignements pour la France ? », Questions d’économie de la santé, 2007, n°127.
Coutant D., Tuffreau F., La médecine générale, une spécialité d’avenir, Rennes, Presses de l’EHESP, 2016.
- Gelly M., Giraud B., Pitti L., « Quand la santé décuple les inégalités », Agone, 2016, n°58.
- Horowitz R., In the Public Interest : Medical Licensing and the Disciplinary Process, New Brunswick, Rutgers University Press, 2013.
- Hughes E., Le regard sociologique : Essais choisis, Paris, Éditions de l’EHESS, 1996.
- Lombrail P., « Les maisons de santé pluri-professionnelles : penser localement, agir globalement ? », Sciences sociales et santé, 2014, vol.32, n°2, p. 97-108.
Marichalar P., Médecin du travail, médecin du patron ? L’indépendance médicale en question, Paris, Presses de Sciences Po, 2014.
- Palier B., La réforme des systèmes de santé, Paris, PUF, 2010.
- Pierru F., « Impératifs gestionnaires et phronesis médicale : esquisse sociologique d’un engagement éthique dans un grand hôpital parisien », Quaderni, vol.3, n°82, p.67-82, 2013.
- Schepens F., « Participer pour rendre le travail possible. Les “staffs” en unités de soins palliatifs », Sociologie du travail, 2015, n°57, p. 39-60.
- Schweyer F.-X., « Inventer et apprendre un nouveau métier ? Les médecins généralistes dans des maisons de santé », in Douguet F., Fillaut T., Hontebeyrie J. (dir.), Intervenir en première ligne. Les professions de santé libérales face au défi de la santé de proximité, Paris, L’Harmattan, 2016, p. 39-60.
Nadège Vezinat, « Dispensaires 2.0. Maisons pluridisciplinaires de santé et médecine libérale », La Vie des idées , 21 juin 2017. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Dispensaires-2-0.html

Jean-Louis Baudron: Cut-ups et collages, suite

Jean-louis Baudron Cut-ups & collages
 
 
Les Bonnes Figures de la Grand Route
 
Anubis au Soleil Couchant 210518
 

De Motel en Motel 280518 



L’île logique / n° 533 : La cam

d accord en maths reduit
Bonjour,
Entre Volheinkempfleskeschtumpf  et Turstichdungenlezrtzen, la petite France, le Palais de Rohan, la cathédrale et les ponts couverts, entre choucroute, flammenküche et autres Bretzels : Strasbourg, qu’est-ce que c’est beau, tous ces gens à vélo, le soleil, la pluriculturalité, l’Europe, tout ça… Moi qui suis pour un quart de Niederbronn, je n’avais jamais vu l’Alsace autrement qu’à la Toussaint, dans la forêt noire, pas noire du tout mais multicolore, teintes vives éclatantes et magnifiques de l’automne, alors je ne regrette pas d’y avoir passé plusieurs jours, non, mais… qu’est-ce que c’est galère d’avoir un bébé spectacle qui perd les eaux, contractions en Bretagne, et un camion en panne à 1000 bornes de là dans la ville la plus à l’Est de la France !
Mais bon, bref, on y est arrivés ! Aussi la dernière création de L’île logique, le duo clownesque « Où ai-je ma tête ? » sur les neurosciences, le cerveau, verra bien le jour comme prévu samedi prochain, le 30, à 11h, à la ferme de Mangorvenec de St Avé (56) !!L’île logique vous souhaite un bel été, scientifique et artistique…
Plusieurs interventions prévues en 2018 :– 30 juin donc : Sortie du spectacle « Où ai-je ma tête ?« , duo clownesque sur le fonctionnement du cerveau (neurosciences), à 11h à la ferme de Mangorvenec de St Avé (56) (les 10 ans de l’AMAP, dans les champs…)
– Le 4 juillet : Pilouface à 20h30 à Theix-Noyalo (56) au Parc de Brural.
– 17, 18 et 19 septembre : création d’un spectacle scientifique avec les 75 élèves de 3e année de l’école d’ingénieur ICAM (Vannes)
– 9 octobre : Pilouface à St Pierre la cour (Mayenne)
– 11 octobre à 14h et à 21h : Pilouface à Toulouse (centre culturel Henri Desbals)
– 13 octobre : Un Océan de plastique à Dieppe
– 18, 19 et 20 octobre : L’île logique (Dé-pensons ou autre…) à St Denis (festival « Maths en ville ») + ateliers de théâtre et maths.
– Du 20 au 23 octobre retrouvez L’île logique au congrès de l’APMEP
– 23 octobre : Pilouface à Sanguinet (Bordeaux)
– 6 novembre, spectacle clownesque « Galois Poincaré mythes et maths » à Orléans (Université)
– 10 novembre : Où ai-je ma tête ? à Plescop (56), dans le cadre du festival Clown hors Piste.
– 14 novembre : Un océan de Plastique à Vannes (Kercado) 15h.
– 17 novembre : un océan de plastique à Theix-Noyalo, 14h, dans le cadre du festival Clown Hors Piste.
– 8 décembre : Y a pas rien à Chateaulin
Certains de ces spectacles ne sont pas ouverts au public, mais, à titre individuel, n’hésitez pas à me contacter si vous envisagez d’y venir !!
2019 :
– L’île logique part à l’étranger !! L’affaire 3.14, ou ai-je ma tête ?, Pilouface, Galois Poincaré, des ateliers théâtre et sciences, en cours de mise en place pour la semaine des maths à Casablanca, à Dublin et peut-être Madrid…
– 29 et 30 mars : Partons ici même et « Où ai-je ma tête ? » à Decazeville
Enfin, à faire circuler sans modération :
– L’île logique co-organise la dixième édition du festival Clown hors Piste du 16 au 18 novembre prochain à Theix (56)
– Il nous reste encore des livres « A l’endroit de l’inversion« , petit essai en clownologie mathématique (préfacé par Cédric Villani et Bertil Sylvander)
– Il nous reste des disponibilités pour la semaine de la science 2018 (la semaine des maths 2019 est quasi complète)…
– Et puis, si vous connaissez des gens riches pour co-produire une série audiovisuelle burlesque mais rigoureuse sur les mathématiques n’hésitez pas…
N°533 : la cam
La cam.
Non, pas la came, la cam.
Ce n’est pas pareil car on peut en être dépendant, et puis c’est une histoire d’œil, pas de narine…
La cam c’est pour se voir.
Parfois dans la vraie vie vraie, avec mes amis ou ma famille, on se voit.
Et finalement on sait qu’on s’est vus car nos regards se sont croisés.
Or avec la cam on ne se voit pas, aucun échange de regard.
On peut seulement voir l’autre qui est en train de nous regarder.
Mais que voit-il ?
Il me voit en train de le regarder me regarder,
C’est comme l’infini avec deux miroirs,
à la cam on ne se voit pas,
impossible de se regarder les yeux dans les yeux.
Si on veut regarder quelqu’un dans les yeux, avec la cam, il faut regarder un petit point rouge.
Il suffit juste de se convaincre que ce point rouge est le regard de ton ami.
Ce n’est pas évident, car quand même, un point rouge, c’est moins vivant qu’un regard,
sauf bien sûr pour ceux qui ont des amis avec des points rouges à la place des yeux, mais c’est rare…
et là : ah enfin, ton ami retrouve ton regard !
Enfin presque, il te voit en train de le regarder dans les yeux, certes, mais seulement comme si lui, il n’était qu’un petit point rouge…
Car on ne regarde pas pareil des yeux et un point rouge.
Mais toi, que vois-tu alors ? Un petit point rouge…
C’est nul,
alors tu regardes l’écran de l’autre, l’image de ton ami qui regarde ton image dans un écran qui regarde un point rouge.
Et personne ne voit plus aucun regard,
Foot,
Les bleus dans les yeux, coupe du Monde,
il y a un type, un cameraman,
dont le boulot consiste à trouver dans le public de beaux visages avec un regard vrai,
on y voit, visages en gros plan, des enfants, des femmes, des hommes, des émotions surtout, c’est touchant,
c’est beau et c’est sur l’écran géant du stade ça,
mais souvent tout s’écroule, c’est gâché, ou pas,
car on les voit qui voient qu’ils sont vus, plouf, ce n’est plus pareil…
C’est vraiment de la poudre aux yeux…
Une ligne blanche plutôt qu’un point rouge ?
Et puis quoi encore ? C’est n’importe quoi !
Est-ce que la cam est une came ?
Merci à chacun,
Salutations scientifiquement clownesques…

Cédricwww.ilelogique.fr
 

Isabelle Aubert-Baudron: Un grand bravo pour l’Ecole du chat – les discrets minets !

Un grand bravo pour l'Ecole du chat les discrets minets https://www.facebook.com/Ecole-du-chat-les-discrets-minets-834127466609706/ grâce à laquelle la colonie de chats du quartier a pu être quasiment circonscrite:
 
   
Mimine et Lili - Ludo
 
 
Fifi - Shy
Après ses interventions en 2013 (stérilisation de Mimine, chatte abandonnée par des voisins lors d’un changement de domicile, et de ses deux filles Lili et Lola), puis en 2017, celle de Ludo (chatte abandonnée, qui a trouvé un foyer depuis), l'association a stérilisé cette année deux chattes sauvages, Fifi et Shy, et euthanasié dès leur naissance les trois chatons de Shy.
Sur les quatre autres chatons nés d'une autre chatte sauvage, mon chien en a tué trois. Leur mère s'est enfuie avec le quatrième et l’a caché depuis. Elle vient de réapparaître, flanquée de celui-ci qui, se retrouvant seul à bénéficier du lait disponible à l’origine pour les quatre, est gras comme un moine. Vérification faite, c’est un mâle. Ouf !
Dans cette colonie, seules sont potentiellement adoptables Mimine et sa fille Lili, qui ont ne se quittent pas d'une semelle. Toutefois, ayant depuis 2013 toujours vécu à l'extérieur sur le même territoire, les essais tentés pour les familiariser avec l'environnement d'une maison se sont révélés infructueux. Fifi est à moitié apprivoisée, mais n'a pas apprécié de se retrouver dans une chambre au retour de sa stérilisation, et s'est changée en un petit diable, me mordant les mains et les mollets jusqu'à ce que je la libère. Les autres sont sauvages et ne se laissent pas approcher.
Un grand merci, donc, à Madame Courvoisier, à son équipe et aux membres de l’association l’Ecole du Chat, pour avoir pu résoudre efficacement et au moment nécessaire au niveau du quartier le problème auquel mes voisins et moi sommes confrontés depuis plusieurs années, à savoir celui de la multiplication, à une vitesse exponentielle à chaque printemps, de colonies de chats sauvages en ville.
Isabelle Aubert-Baudron
Voir la vidéo réalisée sur l’arrivée des premiers chats en 2013 : Cinq squatters dans le poulailler :

 
 

English version below

 

jeudi 7 juin 2018

Ramuntcho Matta: le Champ du Chant, vernissage Galerie Ecritures

Ramuntcho MATTA
Les Champs du Chant
Exposition du 15 juin au 15 septembre 2018
Vernissage le 15 juin à 18 h
Galerie ECRITURES 1 rue Pierre PETIT 03100 MONTLUCON
 
*
A cette occasion, Romain Becdelievre consacre son émission "Par les temps qui courent"  sur France Culture au travail de Ramuntcho Matta et de cette expo, le mercredi 13 juin à 21 h
*
Il y a bien longtemps que je voulais proposer une exposition à Ramuntcho MATTA, artiste multimédium. Car s’il est musicien, la rencontre avec Ramuntcho ne s’est pas faite seulement autour de la chanson et de la musique, mais elle s’est faite dès les années 80 à travers la poésie et la peinture, grâce à Brion GYSIN. C’était au début de la création d’ECRITURES, j’allais souvent à Paris chez Brion qui a collaboré tout de suite à la revue. Il m’a rapidement fait rencontrer Ramuntcho qu’il aimait beaucoup et dont il appréciait le travail. Avec Ramuntcho, nous ne nous sommes pas souvent retrouvés chez Brion, car ce dernier aimait recevoir individuellement les gens qu’il appréciait, mais nous parlions souvent de lui. A cette époque, en plus de l’écriture et de la peinture, la musique était présente aussi, que ce soit celle de Ramuntcho ou de Genesis P-Orridge, que nous faisait écouter Brion en expérimentant la Dream Machine. Puis est arrivée l’époque de « Toi, toi mon toit » et Ramuntcho m’a fait découvrir ses autres créations en collaboration avec Brion Gysin, Don Cherry, Elli Medeiros, Polo Lombardo, Lou Reed …. Le graphisme de ses pochettes d’alors m’avait beaucoup plu avec des écritures et des dessins qui racontaient des histoires comme celles que l’on retrouve dans son travail d’aujourd’hui. J’avais très envie que Ramuntcho montre ses créations à la galerie, ici à Montluçon, et alors qu’il a gentiment accepté, nous avons convenu de réaliser un carnet autour du travail qu’il nous présente dans cette exposition, carnet que nous avons édité et qui sera en vente à la galerie.

Jean Marc VINCENT

Entre Elli Medeiros, Don Cherry, William Burroughs et Lou Reed, il y a Ramuntcho MATTA

Ramuntcho Matta est un artiste pluridisciplinaire français né le 4 février 1960 à Neuilly-sur-Seine. Il est le fils du peintre chilien Roberto Matta, frère du plasticien et architecte Gordon Matta-Clark et de Federica Matta, il a vécu dans une illustre famille de créateurs en choisissant d’abord la musique comme principal support, notamment lorsqu’il habitait à New-York à la fin des années 70. 
Diagnostiqué autiste à la naissance, sa thérapie reposera sur l’apprentissage de la musique et du yoga. À 7 ans, il s’initie à la guitare auprès du Cuarteto Cedrón. En 1974-1975, il intègre successivement la Schola Cantorum pour le piano et le Conservatoire Rachmaninoff pour l’harmonie.
À l’âge de quinze ans, il fréquentait déjà Burroughs, Don Cherry, les poètes beat mais surtout Brion Gysin, poète sonore et écrivain beat américain qui avait élu résidence à Paris, et véritable inventeur de la technique du cut up selon Burroughs. « Je suis tombé sur un directeur d’école quand j’avais 15 ans qui m’a fait un deal : tu viens en cours de philo et de poésie et je ne dirai pas à tes parents que tu ne vas pas à l’école. Je veux que tu ailles faire les courses pour un ami à moi qui est très malade. Cet ami c’était Brion Gysin. Je me suis trouvé l’assistant et le secrétaire de Brion Gysin. Mais surtout je découvre Burroughs, Iggy Pop, David Bowie, Ginsberg. Je lis ce livre qui s’appelle The Third Mind qui montre, qu’à deux personnes, on peut créer une troisième personne. Donc mon travail, quand je travaille avec un artiste, avec un autiste, avec un musicien, c’est essayer de voir ce qu’il y a en lui, c’est pas de projeter. J’ai une espèce de don pour rendre la personne à l’aise avec son mal-être ». 
En 1979, il part étudier à la « Third Street School of Music » à New York. Il rencontre Laurie Anderson qui lui expose ses concepts architecturaux appliqués à la composition et rencontre John Cage. En 1981, il rencontre Don Cherry et initie avec lui une collaboration musicale qui donnera naissance à plusieurs albums.
À partir de 1984, il collabore avec une artiste uruguayenne, Elli Medeiros, sa future épouse ; il élabore avec elle une chanson « Toi mon toit », suivie de plusieurs albums trouvant une possibilité de modeler une nouvelle pop française mêlée d’influences afro-cubaines. Le tube « Toi, Mon Toit ». De nature discrète, il fut mis à la lumière avec la composition et la production du titre « Toi mon Toit », tube d’Elli Medeiros sorti en 1986, soit une paire d’années après Les Nuits de la Pleine Lune de Rohmer et la séparation du duo Elli & Jacno. Ce morceau, à l’image du parcours de Ramuntcho Matta, lui est arrivé dessus de manière plutôt accidentelle, alors qu’il n’aspirait pas nécessairement à pénétrer l’industrie du disque : « Je fais une grand distinction entre l’art et l’industrie du disque. Ça m’est tombé dessus, je n’ai rien fait pour, ma mère est tombée malade et je suis tombé amoureux. Pour Toi Mon Toit, j’avais en tête un morceau de Meredith Monk qui faisait « you you you you », et moi j’entendais « toi toi toi toi », c’est comme ça que « Toi Mon Toit » est née. C’était une vraie chanson d’amour. » « Après « Toi Mon Toit », beaucoup de maisons de disques m’ont donné beaucoup d’argent pour refaire des tubes. Mais moi ça ne m’intéressait pas,  j’allais à fond dans la direction de l’artiste. Les mecs de maisons de disques gueulaient, mais je leur disais que c’était précisément mon travail, d’accompagner les artistes. »
Après ce début de carrière artistique dans la musique de style variété pop rock à la fin des années 70, il s’oriente plus tard sur des sujets de création plus singuliers dans lesquels il utilise aussi les arts plastiques par delà son travail de compositeur afin de donner forme à des questionnements, des sujets de création plus singuliers et complexes utilisant parfois le son, le dessin, la vidéo, l’espace, les mots ou des combinatoires.
En 1989, il monte un studio d’enregistrement au Portugal. De 1991 à 2000, en tant que consultant en arborescence émotionnelle et concepteur sonore, il travaille sur des habillages sonores, des projets de CD-roms éducatifs, des scénographies interactives. Il enseigne une méthodologie du doute et est directeur du Bureau du doute à l’ENSCI. Depuis 2000, Ramuntcho Matta développe sa pratique artistique et collabore au sein du label SometimeStudio à la production d’artistes soit oubliés, soit à découvrir.
En 2008, il fonde le projet Lizières, plateforme de réflexion et d’échanges autour des notions de cultures et de ressources, avec pour objectifs de faire sortir l’avant-garde de son isolement et de donner des espaces de liberté à l’expérimentation.
En 2011-2012, il réalise un long métrage, Intimatta, consacré à son père l’artiste Roberto Matta, qui reçoit le soutien du Conseil national de la télévision chilienne
Chris Marker en tentant de définir son travail trouva l’adjectif: « multimedium ». En tant que compositeur, il a réalisé 23 CD solo et a collaboré à une vingtaine d’autres disques. Il a exposé ses travaux multimediums à Paris, New York, Londres, Madrid, Barcelone, Tokyo et Rome. Depuis toujours, Ramuntcho Matta semble avoir passé son temps à semer ses poursuivants, des requins de maisons de disques aux promoteurs, producteurs ou mécènes plus ou moins mal intentionnés. (« Si on veut avancer, il faut rester dans l’ombre. C’est de là qu’on voit le mieux la lumière »).
« Avec Laurie Anderson, j’ai découvert la construction sonore.
Avec Robert Wilson, j’ai découvert certaines notions de scénographie et d’espace.
Avec Don Cherry, j’ai découvert une conscience du jazz, de l’improvisation…
Avec Brion Gysin, j’ai découvert la narration.
Avec Félix Guattari, j’ai découvert le multiple.
Avec John Cage, j’ai découvert l’aléatoire.
Avec Chris Marker, j’ai découvert la synthèse.
Avec la musique, j’ai découvert la complémentarité.
Avec mon père, j’ai découvert le ”regarder”.
Avec mon chat, j’ai découvert le ronronnement. »


vendredi 11 mai 2018

L'île logique / N° 90 : le train du sommeil


Bonjour,

après un hiver studieux, joyeux, pluvieux, mélodieux, gadouilleux, mélodieux, et encore pluvieux... que ma grand-mère,

L'île logique continue de promouvoir par le spectacle et les ateliers, le théâtre et clown de sciences fondamentales !


Aussi, n'hésitez pas à nous contacter pour quoi que ce soit !





De surcroît, L'île logique est heureuse de vous annoncer que :


- Nous proposons un nouveau spectacle, duo clownesque scientifique tout public : "Où ai-je ma tête ?" qui aborde les nouvelles découvertes sur le fonctionnement du cerveau, neurosciences et plasticité cérébrale au programme... sortie prévue vers l'été...


- Autre nouveauté : "Toi, émois", interventions/spectacle clownesque pour les tous petits (3 mois à trois ans) : sons, mouvements, boules, cubes, noir et lumière, animaux, durées...


- L'île logique organise aussi un stage "théâtre et sciences" orienté clown et maths, pour les enseignants, les clowns, et les autres !! Les 8 et 9 Juillet 2018 en Bretagne (14h de stage) et il reste des places !


- Pour la rentrée prochaine ainsi qu'en début ou fin de semestre, nous proposons aux promos d'écoles d'ingénieur et aux universités, une création "intense" (24h sur 3 jours) d'un spectacle scientifique de et par les élèves. pour voir le programme autrement et souder la promo !




Plusieurs interventions prévues en 2018 :

- 24 mai : spectacle "Un océan de plastique" (Languidic, 56), sur la pollution des océans...

- 31 mai spectacle clownesque "Dé-pensons !" (Lorient, 56), sur la pensée critique

- 4 juin à Strasbourg, ateliers théâtre et maths avec les étudiants de l'Université + spectacle clownesque "Galois Poincaré, mythes et maths"


- 4 juillet à Theix Noyalo (56), spectacle "Pilouface, quand les clowns tombent sur la tranche", spectacle familial tout public.


- 8 et 9 juillet, stage théâtre et sciences, clown et maths, en Bretagne... il reste des places !


- 11 octobre, Toulouse, deux représentations du spectacle "Pilouface, quand les clowns tombent sur la tranche"


- 12 octobre, Dieppe, 2 représentations du spectacle "Un Océan de plastique", sur la pollution des océans par le plastique, tout public (à confirmer)


- Du 20 au 23 octobre retrouvez L'île logique à Bordeaux au congrès de l'APMEP


- 23 octobre, Sanguinet, Spectacle "Pilouface, quand les clowns tombent sur la tranche" (à confirmer)


- 6 novembre, spectacle clownesque "Galois Poincaré mythes et maths" à Orléans.

- 10 novembre, Plescop (56), dernière création clownesque "Où ai-je ma tête ?", sur les neurosciences.


Certains de ces spectacles ne sont pas ouverts au public, mais, à titre individuel, n'hésitez pas à me contacter si vous envisagez d'y venir !!





Enfin, à faire circuler sans modération :

- L'île logique co-organise la dixième édition du festival Clown hors Piste du 16 au 18 novembre prochain à Theix (56)

- Il nous reste encore des livres "A l'endroit de l'inversion", petit essai en clownologie mathématique (préfacé par Cédric Villani et Bertil Sylvander)

- Il nous reste des disponibilités pour la semaine des maths 2019 et la semaine de la science 2018, mais qui se réduisent...

- Et puis, si vous connaissez des gens riches pour co-produire une série audiovisuelle burlesque mais rigoureuse sur les mathématiques n'hésitez pas...




N°90 : le train du sommeil


Il faut prendre le train du sommeil.

Le train du sommeil, quand il est passé c'est qu'on l'a raté, on doit attendre le suivant.


Le train du sommeil, si on l'a pris, alors on ne lit pas ceci maintenant.


On ne peut lire cela que sur un quai, même si on dit bâille bâille...
Le train du sommeil, tu sais que tu l'as pris seulement quand tu en descends.
Un train de sommeil ça passe parfois au loin, on l'entend vaguement mais on n'a plus le temps de rejoindre la gare...
Comme si il y avait des gares...

Peut-on changer de wagon dans les trains de sommeil ?



Pause pipi, ça c'est une gare,


on change de rêve,

on repart à zéro

heure vingt trois,

ou Quatre heures sept.


Tout objet abandonné sera détruit

votre précédent rêve sera anéanti

cycles de sommeil et nombre de tours de bielle,


Je déraille,

jeu des rails,


J'ai raté un train de sommeil, alors j'écris ceci,

j'erre dans une gare vide,


et toi tu lis, sur un quai forcément,


faut-il un ticket ?


Je cherche une voie,

Tiens un bonnet rouge pour me renseigner...




Où s'échoue-t-on ? Sur une grève, c'est là qu'on survit,

grève, gravats, graviers et sable,


grève, pavés parfois...

cailloux roulés,

gravité, masse grave.


Grève, bateau, zone d'échouage,

cailloux roulés,


on peut dire plage.


Bref grève, et âge des choux.





Plus de train de sommeil.

Y a-t-il un dernier train ?

Prendre un train de sommeil en marche ?

Parfois, dans le train de banlieue, le train du sommeil passe tôt, le matin pour aller au boulot


L'allumeur de réverbère ne respecte plus la consigne

je dors éveillé,

d'or, mire....
insomnie, un somme nie

somme ? Nan, bulles.

Train fantôme, et wagon lit,

défilé onirique du paysage éthéré qui passe en bon ordre fou par les fenêtres embuées du train du sommeil

vaches qui paissent et passent,

les trains regardent passer les vaches...


Marcher sur la grève ?

Les grèves sont des chaussures, on marche dessus et c'est grâce à elles qu'on avance.

Des plages ? Au quai !

Prenons le train et dormons sur le quai...


Bises,
Cédric.
Dans le train du sommeil il y a toujours de la place... Au lit !

Homage to Paul O'Donovan!

 
 


Paul O'Donovan passed away on May 8th. We got in touch through the network Interzone, when he started to send me astonishing portraits of William Burroughs. He kept sending illustrations: the ones on Burroughs, Gysin, Interzone and the Beats are gathered in the first tome of The Time of the Naguals - Around Burroughs and Gysin and in the French Tome Le Temps des Naguals - Autour de Burroughs et Gysin .

Many others are in Interzone GalleriesPaul O'DONOVAN: 1 2 3 4  6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38  39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71
and in his Facebook page.

He realized the illustration of Interzone Editions: Modified corn dollys' literary circle.

 
 
Paul also was a singer and guitar player: you can listen to his  live album "The Happy Lands and Elsewhere" and record it.
 
Farewell, Paul !  See you in the Western Lands.
My deepest sympathy to his love, Elisabeth !
 
"When you read this I am alive.
I am here on this page. I am here. I am HERE!"
                                                                             Brion Gysin, Beat Museum - Bardo Hotel Chapter 2.


dimanche 29 avril 2018

Paul-Eric Langevin: Œuvres de Paul Langevin sur Wikisource: similarités avec Korzybski

 
Paul Langevin

Publiée sur Wikisource par Paul-Eric Langevin, petit-fils de Paul Langevin: une documentation scientifique et en sciences humaines considérable: https://biblio.wiki/wiki/Paul_Langevin et  http://interdisciplinarite.blogspot.fr/search/label/Archives%20P.Langevin dans son site  Interdisciplinarités.
Paul Langevin et Alfred Korzybski écrivaient sur des sujets similaires, à partir des mêmes sources scientifiques : voir, entre autres :

Vaidas Šadeika: Lithuanian translation of « The Cat Inside » by William Burroughs

Vaidas Šadeika is a Lithuanian translator, also musician and English teacher. His translation of William Burroughs' book, "The Cat Inside", is now published by 'Literatura ir menas' (Literature and art), with thetitle "Katé viduje", on line at http://literaturairmenas.lt/2018-01-19-nr-3647/4443-vertimai/6757-william-s-burroughs-kate-viduje .

Other translations by Vaidas Šadeika

Demaskavimas by Michael Crichton,
Šamaniškos Egipto misterijos by Nicki Scully
33 karo strategijos by Robert Greene (Goodreads Author), Ovidijus Stokys (Translator), Rasa Jurevičienė (Translator), Vaidas Šadeika (Translator)

On YouTube

- Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : "The Smile" de William Blake: http://www.youtube.com/watch?v=esSKPyZtmUo- Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : Rilke
http://www.youtube.com/watch?v=QWcacWumGsM&feature=related
- Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : Rimbaud
http://www.youtube.com/watch?v=JJ-3WMU1kh0 
 

 

La Grande Librairie: François Cheng: « De l’âme »


François Busnel reçoit Luc Ferry et Frédéric Lenoir. Ce dernier évoque son ouvrage «Philosopher et méditer avec les enfants». François Cheng, poète, romancier et essayiste, publie «De l’âme», chez Albin Michel. Le slameur Abd Al Malik rend hommage à l’écrivain qui a guidé ses pas dans «Camus, l’art de la révolte».
Publicités

Education: Plan Langevin-Wallon: 71 ans

Le plan Langevin-Wallon est le nom donné au projet global de réforme de l’enseignement et du système éducatif français élaboré à la Libération conformément au programme de gouvernement du Conseil national de la Résistance (CNR) en date du 15 mars 1944. (Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Langevin-Wallon
Elaboré à la Libération (1945-1946) par une commission ministérielle présidée par Paul Langevin, physicien, puis, après la mort de ce dernier, par Henri Wallon, psychologue, élabore un plan qui avait pour but la démocratisation de l’école et l’égalité des chances. Il n’a jamais été appliqué mais il reste un des textes de référence en matière d’éducation.
 
Texte du plan Langevin-Wallon: http://www.vie-publique.fr/documents-vp/projet_langevin.shtml  https://escales.enfa.fr/wp-content/uploads/sites/7/2009/03/Plan-Langevin-Wallon.pdf



More on this subject:

Paul Langevin (1872-1946) & Henri Wallon (1879-1962) (Wikipédia)
1947, le plan Langevin-Wallon pour une école de justice et d’émancipation
Interdisciplinarités: Le blog de Paul-Eric Langevin, petit fils de Paul Langevin: Archives sur Paul Langevin

San Francisco Chronicle: Khan Academy founder wins 2018 Visionary of the Year award

Photo: Carlos Avila Gonzalez / The Chronicle – Image 2 of 17 Salman Khan reacts at his table after being awarded the San Francisco Chronicle VisionSF Visionary of the Year Award at the War Memorial Veterans Building in San Francisco, Calif., on Tuesday, March 27, 2018.
https://www.sfchronicle.com/visionsf/article/Khan-Academy-founder-wins-2018-Visionary-of-the-12786666.php
March 27, 2018 Updated: March 27, 2018 10:38pm
When Salman Khan began posting videos on YouTube more than a decade ago, the Silicon Valley entrepreneur had no idea of the celebrity he would gain, nor the impact he would have.
His online tutorials in math, with their encouraging counsel informed by degrees from Harvard and MIT, were made for friends and family struggling in school. But his audience quickly grew. Before long, Khan had quit his day job in finance to carry out a goal of delivering free Internet instruction to the world. His educational website was called Khan Academy.
On Tuesday night, Khan, 41, was presented the fourth annual Visionary of the Year Award, an honor announced by The San Francisco Chronicle at a gala at the War Memorial Veterans Building.
The award recognizes individuals who use their business savvy and entrepreneurship for social benefit. It carries a $25,000 grant from The Chronicle that can be applied to the cause of Khan’s choice.
Khan Academy today has more than 62 million registered users in nearly 200 countries. His voice, which still narrates many of the tutorials, is widely recognized, and students and parents often stop him on the street to thank him for providing an assist at school or work.
“As I tell everyone, this is just something I fell into,” he said as he accepted the award and recounted helping his cousin Nadia with her school work years ago.

On the same subject:
La Khan Academy débarque en langue française !
San Francisco Chronicle: Sal Khan creates online academy to educate anyone in world for free 

Jean-Louis Baudron: Cut-ups et collages: Dos tourné vers l’Infini & La chambre de l’Autodidacte

Le dos tourné vers l’Infini – Collage Jean-Louis Baudron


La Chambre de l’Autodidacte – Collage Jean-Louis Baudron

Jean-Louis Baudron: Cut-ups et collages: https://www.facebook.com/jeanlouis.baudron